
SAINT-RAPHAËL
Avenue Colonel Brooke
Cette avenue longue de plus d'un kilomètre, part du carrefour des Anglais et monte en direction de Valescure pour se poursuivre par l'avenue des golfs. Brooke, britannique, golf, nul besoin de se creuser la tête bien longtemps pour faire le lien entre ces trois indices.
Cependant, cela n'explique en rien pourquoi la commune de Saint-Raphaël a décidé de donner le nom à l'une de ces artères les plus fréquentées à ce fameux Colonel Brooke. C'est la question traditionnelle du samedi matin. Qui était Ronald George Brooke et quel lien a-t-il avec la cité de l'archange ?
Ronald George Brooke est né le 25 septembre 1866 en Irlande. Son père, militaire de carrière et riche propriétaire foncier, est un grand passionné de voyage. Tout jeune, il va donc découvrir le monde au fil des affectations et des différents séjours de son père à l'étranger. Cela va faire naître chez lui une passion pour le métier des armes et l'amener à servir dans les nombreuses colonies de l'Empire britannique de l'époque.
Après avoir fait ses classes à l'académie militaire de Sandhurst, il sert en Inde, puis en Afrique du sud au « Light Horse », prestigieux régiment de cavalerie, où la seconde guerre contre les Boers fait rage. En 1886, alors capitaine au « 7th Hussards », il est décoré de la DSO (Distinguished Service Order) créée par la Reine Victoria, ce qui est très rare pour un officier subalterne. Gravement blessé à la bataille d'Elandslaagte dans la province du Natal le 21 octobre 1899, Ronald George Brooke n'en a pas fini avec l'armée pour autant. Remis de ses blessures, il repart très vite au combat et participe à de nombreuses opérations militaires jusqu'à la fin de ce conflit.
Une retraite de courte durée
En 1904, il est muté au « 11th Hussards » avec le grade de major et fait fonction d'officier en second du régiment. Quatre ans plus tard, en 1908, il décide de prendre sa retraite et c'est là que la vie raphaëloise de Ronald George Brooke débute.
Depuis 1907, RG Brooke prend régulièrement ses quartiers d'hiver au Golf Hôtel de Valescure, puis il loue, avant de finalement l'acheter en 1913, la Villa Marguerite appartenant au docteur Léon Labbé. Le recensement de Saint-Raphaël de 1911 fait d'ailleurs état de sa présence régulière sur la commune. Quand éclate le premier conflit mondial, RG Brooke reprend tout naturellement du service et se voit confier un commandement de réserve au « 12th régiment de cavalerie ». La guerre finie, en 1919, il est nommé « Commandeur de l'ordre de l'Empire Britannique » et en 1930, il sera fait chevalier de la légion d'honneur par la république française.
La passion du golf
Mais ce n'est pas le passé de ce militaire de carrière, bardé de décorations, qui va faire de lui un personnage marquant de la vie raphaëloise de ce début de XXe siècle. Cela, il le doit à son implication dans le tissu associatif local. Certes ses relations personnelles allant de Robert de Rothschild au Roi de Suède, en passant par l'aviateur Roland Garros ou encore le premier ministre Lloyd George, des personnalités qu'il fera toutes venir à Saint-Raphaël, lui ouvrent bien des portes, et notamment celles de la municipalité de l'époque. Mais c'est sa passion pour le golf et son total investissement pour développer celui de Valescure qui vont faire de lui un véritable raphaëlois et non plus un simple touriste de passage.
Dès 1910, il devient membre actif du club. En 1912, il est « captain » de l'équipe, puis président du Golf Club. Il le restera d'ailleurs jusqu'à son décès. Et ce n'est pas le seul domaine dans lequel le désormais Colonel Brooke va s'impliquer puisqu'en parallèle à ses activités golfiques, il va siéger de nombreuses années au conseil d'administration du Syndicat d'Initiative de la commune et devenir le trésorier de l'Eglise anglicane « All Saints » de Valescure. C'est ici, en 1930, dans sa ville d'adoption qu'il va s'éteindre, non sans avoir marqué de toute son empreinte la vie de la cité de l'archange, et plus encore un quartier, celui de Valescure.

source : Ville de Saint-Raphaël
